Texte et photos de Jacinthe François, guide CASA, été 2020.

Août 2020. Anne, Claire et moi-même franchissons avec impatience les derniers virages qui nous séparent de Notre-Dame-de-Toute-Grâce. Et voici face au Mont-Blanc l’église tant attendue, modeste et colorée. Nous avons choisi cette année de passer une semaine à accueillir et guider bénévolement les visiteurs venus découvrir l’église Notre-Dame de toute-Grâce du plateau d’Assy, lors d’une communauté présence CASA.

Les guides de notre communauté attendant les visiteurs à la table CASA, installée à la porte de l’église.

Assy, c’est d’abord un choc esthétique : tant de grands noms de l’histoire de l’art rassemblés au cœur des montagnes ! Mais au-delà de la carte postale, Assy est avant tout une histoire d’hommes et de femmes de bonne volonté, qui ont accepté, il y a près de 70 ans, de relever un défi : celui de faire dialoguer art contemporain et foi, quels que soient les idéaux politiques et les croyances.

Assy, c’est aussi et surtout une page de notre histoire oubliée : celle de milliers de patients atteints de tuberculose en attente d’un remède, qui sont venus en ces terres savoyardes dans l’espoir d’améliorer leur état de santé. Comment ne pas être sensible à cette histoire d’épidémie, de malades, de soignants en cette année si particulière de pandémie mondiale

Voilà ce que je conte à mes visiteurs : la foi d’un homme qui a osé aller vers les autres, avec toute l’intelligence du cœur qui l’animait ; l’enthousiasme avec lequel les artistes ont répondu à ses sollicitations ; l’espérance des malades en un mieux-être et le réconfort trouvé en ce lieu. Généralement, les touristes viennent au plateau d’Assy attirés par ces grandes figures de l’art moderne. Ils restent souvent un court instant, nous demandent avec empressement « où est le Chagall ? » et ressortent après un rapide coup d’œil. Mais quand ils prennent le temps, discutent et cheminent avec nous, leurs cœurs sont touchés par cette aventure humaine, cet art qui élève les âmes et qui conduit vers la spiritualité et la foi.

 Le Christ aux outrages de Georges Rouault, revers de façade.

Assy, c’est enfin et par-dessus tout une communauté, une église vivante. Comment exprimer à chaque paroissien(-ne), au père Blanc, à sœur Geneviève, à la guide Véronique mes remerciements pour l’accueil reçu ? Vos sourires, vos mots gentils, les services que vous nous avez rendus (coup de chapeau à l’équipe qui gère la villa sainte Véronique) nous ont permis de nous sentir chez nous. Nous sommes entrées dans la grande famille d’Assy et avons tenté de transmettre au mieux vos messages d’entraide, « d’entente entre les hommes » comme le disait Lipschitz à propos de sa Notre-Dame de Liesse. Sans vous, Assy ne serait pas tout à fait Assy. Merci.

Repas convivial entre les guides CASA des communautés d’Assy 3 et 4 et des membres de la paroisse.

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