Texte et photos de Laurence Beaux, avec la contribution de Claire-Elizabeth Mantel et Adrien Mohler.

Belle journée à mi-chemin entre la pluie et le soleil,
Belle journée à mi-chemin entre la ville et la campagne,
Belle journée à 10… venus de Paris et sa région, de Grenoble ou du Puy en Velay… sans oublier Lyon !

Accueillis par frère Charles, nous avons eu la chance d’assister, entre autres, à une exceptionnelle visite architecturale et à une conférence sur Notre-Dame de Paris et la restauration du patrimoine. Frère Charles nous a aussi proposé une illustration de l’homélie du jour par l’expérience CASA, car pour lui l’Evangile du jour, celui de l’obole de la veuve, (Marc 12, 38-44) pourrait être « l’Evangile de CASA ». Au-delà des apparences du monument, le guide CASA doit aller à l’essentiel qui est de retranscrire la spiritualité du lieu. Ne nous perdons pas dans des symboles « surinterprétés » mais recentrons-nous sur un témoignage.

Revenons un peu en arrière…

Arrivés à 11h15 au couvent, dans un parc de 70 hectares, nous découvrons l’œuvre de Le Corbusier, dît Corbu, et frère Charles nous accueille chaleureusement ! Il nous propose de partager nos expériences CASA et se présente à son tour : frère dominicain (frère prêcheur), prêtre et diplômé de l’école de Chaillot : notre hôte est architecte du Patrimoine ! Nous commençons ainsi la journée de manière conviviale… sous les parapluies !

Avant la messe, petit temps de présentation rapide du lieu, avec de nombreuses références au Plateau d’Assy et au Père Marie-Alain Couturier. Frère Charles réussit à nous captiver dès les premières minutes en citant ce dernier : « Il vaut mieux s’adresser à des hommes de génie sans la foi qu’à des croyants sans talent ». Après ces belles paroles et la messe du jour, éclairés par les rayons timides du soleil qui commence à percer, nous partageons un temps convivial et agréable autour d’un déjeuner auquel chacun a contribué. Évidemment, tout le monde sait qu’en communauté on mange bien… donc pas de raison de se priver en journée régionale : pour faire honneur au patrimoine culinaire lyonnais, Adrien réveille nos papilles en nous faisant découvrir la traditionnelle brioche à la praline.

Bien rassasiés, nous sommes fin prêts pour la promenade architecturale dans le couvent. Nous retiendrons de cette visite une architecture étonnante qui met tout en avant, même ce qui d’habitude est caché. Ainsi en est-il d’une utilisation particulière de la fenêtre, généralement utilisée pour la lumière, l’aération et la vue… mais dont les différents rôles sont dissociés chez Corbu : soit la vue, soit la lumière… sans oublier qu’aucune fenêtre ne s’ouvre, la fonction d’aération« volée » à la fenêtre étant assurée par des « aérateurs » verticaux, intérieurs ou extérieurs, présents dans chaque pièce.

Dans des couloirs qui donnent l’illusion d’un rétrécissement, les fenêtres horizontales sont séparées par des « morceaux de sucre » (gros morceaux de béton). L’objectif est de nous obliger à regarder sur le côté pour « regarder dehors » ; ils incitent et invitent chacun à rester dans le silence… Nous voyons bien tout au long de la visite que l’architecte a mis son art au service des lieux. En effet, à l’origine le couvent de la Tourette était dédié à la formation des frères (100 cellules !) et donc au silence !

Quelques exemples de fenêtres

Le Corbusier a conçu ce couvent sur trois niveaux : en bas les lieux de la vie commune (réfectoire, salle du chapitre), au milieu les salles d’étude et en haut la vie individuelle (cellules). Sur les toits, un espace végétalisé, réservé aux promenades et aux temps de méditation des frères. Ce que d’habitude, en ville, nous trouvons au centre des couvents : le cloître, donc la nature au centre de la cité, ici nous le découvrons de manière inversée : le couvent – la ville – est au centre de la nature ! Dès que notre regard réussit à s’échapper par une fenêtre, une nature luxuriante s’offre à nous !

Alors que le couvent est entièrement sur pilotis, tout en respectant la pente du terrain afin de ne pas occulter la vue magnifique sur les Monts du Lyonnais, l’église, elle, est ancrée au sol. Comme nous le fait remarquer frère Charles, elle est le lieu de l’Incarnation. Un petit détail qui manifeste une volonté certaine de respecter l’environnement : la verdure qui n’est plus, par la force des choses, sous le bâtiment se retrouve sur les toits !

Après 1h30 de déambulations, extérieure puis intérieure, nous terminons notre visite dans l’église et en particulier dans la crypte si particulière : sept autels les uns derrière (au-dessus ?) les autres… Lieu de l’indicible, aux murs courbés dont le regard ne voit pas la fin, au sol incliné et au plafond percé de trois grands puits de lumière éclairant toute l’église ! Mémorable moment que cette découverte !

L’église, lieu de l’Incarnation

Après une pause bien méritée dans le réfectoire aux fenêtres d’un côté colorées à la Mondrian et de l’autre rythmées par des croisées telles des croches et des noires sur une partition musicale, nous terminons la journée par une conférence sur la restauration du Patrimoine et Notre-Dame de Paris. Pris par le temps et très frustrés, il nous faut interrompre frère Charles. Nous attendrons une prochaine occasion pour l’entendre évoquer la forêt de Notre-Dame !

Le réfectoire


Pour terminer, merci frère Charles pour cette belle journée, merci à tous pour votre présence à cette première, et non dernière, journée régionale 2021… à la découverte de l’autre, à la découverte de l’Autre !

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